Liliane Moses

Depuis cette annonce, tombée comme la foudre du départ de Béla vers l’ailleurs… le monde n’est plus le même pour moi.  Tout le temps, malgré de longues périodes où elle se retirait, elle était là, prête à aider, faire comprendre les problèmes humains sans aucun préjugé, ouvrir des horizons inattendus, avec une liberté, une invention extraordinaire et bien sûr… il était inimaginable que Béla ne soit plus présente pour répondre aux appels. Elle nous a donné des forces vitales, elle restera toujours vivante dans mon cœur.

Claudine Cohen

Ce qui me frappait en elle, c’était sa gaîté. Je l’ai toujours vue joyeuse, enjouée, presque facétieuse et même parfois un peu exubérante. Elle semblait avoir une immense joie de vivre,  tout en gardant les pieds sur terre. Je sais qu’elle a  été psychanalyste, mais elle n’avait pas l’air de tristesse un peu lasse qu’arborent  en ville certains de ceux qui exercent ce métier. 

Elle avait aussi quelque chose d’un peu enfantin, je me souviens de la fierté et de la grâce avec laquelle elle portait, lors de la projection d’un film  consacré à Henri à l’EHESS, une magnifique robe en velours violet qui soulignait sa belle silhouette. Je me souviens aussi de sa présence fière et souriante lors de la soutenance de thèse d’Henri à la Sorbonne, il y a cinq ans,  et au « pot » qui a suivi. Elle  assistait parfois  à nos séminaires et nous avions une relation d’une chaleureuse familiarité. 

J’ai été d’autant plus surprise lorsque j’ai lu le court texte biographique qu’Henri a fait paraitre au moment de son décès. Il était question d’une enfant internée peu après sa naissance au camp de Gurs, atteinte de septicémie, sauvée in extremis par des résistants, cachée, orpheline recueillie par l’OSE et élevée par l’assistance publique. Elle avait survécu à toutes ces terribles épreuves. Je n’imaginais pas cela – comment pourrait-on l’imaginer ? – mais j’ai alors compris  la profondeur  de sa gaîté, qui  traduisait sans nul doute le triomphe de la vie et de la joie de vivre sur  la souffrance et les forces  du mal —  ce qu’on appelle  la résilience — , et aussi la profondeur du lien qui pouvait l’attacher à Henri.

C’est un honneur pour moi que d’avoir pu entretenir une amicale proximité, au cours de ces années, avec le très beau couple  qu’ils formaient ensemble. 

Paris, le 26 février 2022

Françoise Skurman

Il y a vingt ans, je suis partie vivre aux Etats-Unis. Les Atlan passaient de plus en plus de temps en Israël. Les rencontres devinrent rares.

Mais avant cela, je crois que nous étions très proches, Béla et moi. Nous habitions dans la même rue, les portes des immeubles se faisant face. J’aimais ses longs cheveux blonds, ses grands yeux bleus qui scrutaient intensément, sa voix mélodieuse, son immense passion pour Henri, qui était le centre absolu de sa vie. Notre relation était curieusement faite à la fois de non-dits et de grande intimité, où la présence affectueuse l’emportait sur la parole.

Au fond, je ne sais pas grand-chose de Béla, et je n’ai pas cherché à savoir. Il y avait des océans de souffrance. « Comme ta petite fille a de la chance de connaître les bras d’une mère », m’a-t-elle dit un jour. Mais chacune de nous écoutait les confidences de l’autre sans poser plus de questions qu’il n’était nécessaire.

Béla voulait aider chaque personne en difficulté. « Il/elle est venu(e) me voir, nous avons parlé pendant des semaines et je crois que je l’ai beaucoup aidé(e) », disait-elle de temps en temps.

Un jour, me suivant dans ma chambre, elle a aperçu le dressing du père de mes enfants, resté intact depuis le jour de sa mort. avec tout ce qu’il possédait. Elle n’a rien dit. mais elle est revenue armée d’un pendule qu’elle a promené avec un air sérieux dans toute la maison, jusqu’à ce qu’elle atteigne ce dressing. « Je sens de mauvaises ondes, a-t-elle alors déclaré avec autorité en entrant dans la pièce. » Elle aurait pu, en ses qualités de psychologue et d’amie, me tenir un long discours. Elle a préféré faire intervenir cet objet, le pendule, en lequel nous ne croyions ni l’une ni l’autre. « Qu’est-ce que c’est que tout cela? » s’exclama-t-elle.  « Regarde comme le pendule s’agite. Fais sortir ces choses de chez toi. » Elle a insisté jusqu’à ce que je vide le dressing. Elle avait raison, ce fut une grande libération.

Elle-même appelait parfois à l’aide. Elle avait des crises de désespoir ou de dépression, et me téléphonait pour me dire qu’elle ne pouvait pas manger. Je venais avec des croissants que je déchiquetais pour lui mettre dans la main, bouchée par bouchée, avec de la confiture.

Sa générosité n’était pas que dans son conseil avisé.  Entrée un jour en possession d’une somme importante, elle l’a donnée à des œuvres, comme si elle la brûlait. Elle avait des raisonnements compliqués pour expliquer pourquoi elle ne pouvait pas le garder. Cet argent était, en quelque sorte, impur. Je crois qu’elle ne dépensait rien pour elle-même.

Pourtant, elle avait un grand intérêt pour les questions esthétiques et elle aimait les beaux objets. Son appartement de Paris était plein de goût et de charme, et elle le redécorait constamment en pensée. Mais l’esthétique n’était pas vraiment en cause. Elle recherchait avant tout l’harmonie entre les êtres, et l’harmonie d’un lieu la touchait. C’était peut-être la seule trace de bourgeoisie en elle, mais ce n’était pas vraiment important : Henri était sa maison.

Je l‘ai croisée il y a un an sur le boulevard Montparnasse, et il m’a semblé qu’elle était paisible et heureuse. Nous allions célébrer un Pessah ensemble.

Eva et Jonathan Ruimy

J’ai connu Béla par le biais de mon mari, Jonathan Ruimy, car elle était au départ une cliente de son salon de coiffure. Je l’ai appréciée tout de suite car elle me faisait penser à ma grand-mère Ashkénaze, blonde aux yeux bleus comme elle. De par son histoire et le drame qu’a été son enfance, en miroir avec celui de ma famille (déportation et décès en Pologne de mon arrière-grand-mère et de mon grand-oncle), je me sentais proche d’elle. Je l’appréciais et la respectais énormément. C’est pourquoi j’ai été profondément peinée lorsque j’ai appris son décès si brutal.

J’étais si heureuse lorsque je la croisais sur le boulevard du Montparnasse pour pouvoir lui parler et lui demander des conseils. Elle n’était que gentillesse et bienveillance. Je suis persuadée qu’elle n’a jamais fait de mal à personne durant toute sa vie. Ce sont les autres qui lui ont fait du mal.

Je l’avais vu à peine quelques jours avant qu’elle s’en aille. J’étais à la caisse du salon de coiffure et je l’ai aperçue au loin. Je lui ai fait un bonjour de la main. Elle ne m’a pas reconnue tout de suite, ce qui m’a paru étrange. Puis elle a collé son visage sur la porte afin de mieux voir et m’a fait un signe en réponse avec un énorme sourire, je ne savais pas que c’était la dernière fois que je la voyais en train de me faire un coucou à travers la porte. Je garderai toujours cette image d’elle, souriante en train de me dire au revoir au loin…

Eva Ruimy

J’ai eu la chance de rencontrer Béla il y a plus de 10 ans lorsque j’ai ouvert mon salon de coiffure dans le même immeuble qu’elle. Elle fut d’abord une cliente sympathique et attachante puis elle devint une amie. En effet, nous étions invités avec mon épouse tous les ans chez elle à l’occasion de la fête de Chavouot. Cette fête où l’on ne mange que du fromage était l’occasion pour elle de pouvoir nous recevoir à table en toute simplicité avec son époux Henri Atlan.

Ce que j’aimais beaucoup chez elle c’était sa sympathie, sa vivacité d’esprit et sa joie de vivre malgré toutes les épreuves qu’elle avait pu endurer. Elle était toujours jeune dans sa tête, parfois même plus jeune que moi alors que je n’ai que quarante ans. Elle savait se faire entendre mais elle savait aussi écouter les autres. Je me souviens d’elle venant me voir au salon de coiffure pour me demander si son nouveau blond lui allait bien. Elle était toujours bienveillante et venait me dire si quelque chose n’allait pas au salon de coiffure lorsque je n’étais pas là. Elle était toujours à me complimenter sur le salon de coiffure ou sur moi-même.

Les Chavouot ne seront plus jamais les mêmes sans elle et nous aurons avec mon épouse tous les ans une pensée émue lorsque ce jour arrivera.

Jonathan Ruimy

François-Benoît Besse

Béla, reste présente dans ma mémoire comme l’incarnation d’une force à exister, capable de surmonter les épreuves exceptionnelles d’une vie assurément hors du commun…

Elle savait créer des liens assez puissants pour qu’une relation sincère puisse s’écrire en toute simplicité.

La psychanalyse qu’elle pratiquait, lui a sûrement permis de parcourir un chemin où les questions posées recevaient des réponses acceptables…

Béla une amie, pour l’éternité…

Jean-Michel Bloch

Béla c’est une amitié de 40 ans. Je l’ai rencontrée après son mariage avec Henri. Au début j’ai été quelque peu désarçonné par sa personnalité. Ses brusques reparties si un mot, une phrase ne lui agréaient pas. Et puis j’ai compris très vite cette qualité rare. D’instinct elle sentait où se situaient le juste et le vrai qu’elle exprimait dans un cri qui jaillissait du fond d’elle-même, par-delà les convenances et le « moralement et politiquement correct » Et son extrême pudeur, son exigence de vérité se révélait dans son impudeur à dire crûment les choses.

Béla était libre.

 Elle était imprévisible, toujours là où on ne l’attendait pas. Et il n’était pas toujours facile de l’affronter, d’affronter ses « engueulades » que beaucoup, quel que soit leur statut social redoutaient.

Je ne voudrais pas idéaliser Béla. Elle pouvait se tromper mais elle était entière, sans concession. Elle jugeait à l’aune d ’un sentiment intérieur, témoin d’une belle « nechama », d’une belle âme comme m’avait dit un ami, et qui la portait à un don de soi envers les autres, une écoute, une attention, et pas seulement dans son activité professionnelle. Elle s’intéressait aux gens, même les plus simples au hasard de ses rencontres, toujours disponible et prête à leur venir en aide. C’était le pendant de son caractère exigeant et révolté. Mais elle pouvait aussi du jour au lendemain cesser une relation si elle ne vous en jugeait pas digne et puis un jour elle réapparaissait.

 De toi Béla je garde toujours en moi l’image d’une femme jeune. Car cette énergie, cette fougue, cette liberté te conféraient une fraicheur et une éternelle jeunesse.

J’ai appris par Henri ce qu’elle avait traversé, seule, dans son enfance et son adolescence. Mais elle est restée elle-même, intègre.

Béla tu étais unique et tu nous manques.

Fabienne Ameisen

Béla, amie, sœur, mère, petite fille,

nous te portons en nous comme tu nous as portés en toi

Tu nous as tant donné de toi

tant de ta présence, ton amitié, ton aide fraternelle

ton histoire

l’Histoire de ce monde qui t’a vue lui survivre, et vivre, si forte

si forte pour les autres

présente et si vive

joyeuse et grave

si vive, si présente

tu nous donnes tant

Oh comme tu fais partie de nous !

Un jour je racontais à la psychanalyste lumineuse que tu étais l’étrangeté de ce bloc de béton cellulaire qui s’était métamorphosé entre mes mains : le bloc avait pris, au cours du temps, d’abord l’apparence d’un vieux Hohem puis d’une femme grave, et puis – au moment de la mort de ma mère – d’une matrice tendre à ailes d’aigle en train d’accoucher…

Ce jour-là, dans l’être naissant, j’avais reconnu ton visage. Alors tu m’as dit ton histoire, et chaque élément de la sculpture, à travers le temps, visible et invisible, était une partie de l’histoire que tu me confiais.

Un autre jour, c’était en contemplant un pin maritime dont des branches avaient été emportées dans les tempêtes et qui dansait, immobile, dans le soleil couchant que je t’ai reconnue en lui.

Le pin maritime a perdu sa dernière branche vive dans la tempête d’une nuit. Son tronc dansant, majestueux, sublime, danse, danse encore dans le soleil doré.

Tu as tant donné de toi

Parmi ces dons de vous à nous, généreux et sans limites, aujourd’hui, de vous deux, si beaux, j’entends la voix harmonieuse de votre chant,

la voix d’Henri, la voix de Béla, une harmonie paisible dans le vacarme des jours, un paysage, soleil et sable et l’eau pure des collines verdoyantes

Les mots ont du mal à dire le chagrin de ta perte et la joie de t’avoir connue

Ton souvenir est bénédiction.

Fabi

Jacques Attali

J’ai connu longuement Béla avec Henri dont elle était la lumière et le partenaire de la vie et de l’intelligence.  Elle était joyeuse, faussement naïve et enfantine. Elle réussissait à s’émerveiller, à aimer, à être indulgente et heureuse, malgré tout ce qu’elle savait en sa chair de la monstruosité de la nature humaine. Elle avait ainsi, mieux que personne, compris qu’il faut chercher en chaque humain l’étincelle la plus enfouie de gentillesse, d’empathie, de respect. 

Ariel Toledano

Je n’ai pas eu la chance de converser avec Béla qui savait tant écouter les autres avec patience. Mais je me sens rattaché à son histoire, celle d’une petite fille qui a été internée, bébé, en tant que juive et allemande, dans le camp de Gurs, et qui, grâce à une septicémie providentielle, est sortie du camp et a réussi à vivre.

Je me sens rattaché à son itinéraire. Elle, qui a tenté, en tant que thérapeute, d’apporter un soutien psychologique à des enfants aux parcours difficiles.

Je me sens rattaché à son nom, que je rappelle au rabbin de ma synagogue, tous les samedis matin, au moment où il récite la prière que nous faisons pour évoquer la mémoire de nos disparus de l’année.

Les récits sur celles et ceux qui nous quittent s’inscrivent dans ce besoin de créer des liens entre les générations, de laisser une trace de leur présence. Je ressens personnellement l’impérieuse nécessité de me rattacher à ces mots, à ces textes, comme un moyen de surmonter notre propre finitude. Béla est une belle incarnation de ces femmes qui ont su se reconstruire malgré la tragédie de la guerre. Elle est le symbole de l’espérance juive. Elle a consacré sa carrière professionnelle aux thérapies d’enfants comme le besoin de réparer ce que la vie lui avait fait subir dans sa petite enfance. Elle nous a quittés la veille du trente-troisième jour du Omer, rejoignant le maître de la Kabbale, Rabbi Shimon bar Yohaï dont nous célébrons chaque 18 iyar, l’anniversaire de son décès. Béla restera présente dans nos mémoires. Ceux qui ont bénéficié du bienfait de ses paroles pourront en témoigner.

Laocratia Lakka

Ce que je sais de Bela Kohn-Atlan

J’ai rencontré Béla dans les premières années de la première décennie du nouveau siècle. J’ai fait sa connaissance en tant qu’épouse du Professeur Henri Atlan.

C’était l’époque où j’avais découvert chez mon amie Marie-Luce un petit livre scientifique intitulé « La fin du tout génétique » signé Henri Atlan. Ce livre m’enthousiasma et je me suis dit qu’il fallait que je le traduise en grec. Il apportait un nouveau point de vue aux questions de la biologie, en bousculant son modèle prédominant et donnait un nouveau départ au débat sur l’épigénétique.

J’ai cherché sur Internet ses autres écrits. Et lorsque le livre fut traduit, Henri Atlan fut invité pour la présentation du livre en Grèce, Béla l’accompagnait. Dès les premiers instants où je l’ai vue, j’ai senti que nous avions quelque chose en commun. Lors de leur second voyage en Grèce, je suis allée les accueillir à l’aéroport à bord de la voiture de l’Ambassade de France. Elle me serra la main, me remit un petit présent qui m’a beaucoup émue. Lors de la promenade que nous avions faite ensemble dans les rues de la vieille ville d’Athènes, je lui ai expliqué ce que signifie le nom Laocratia et comment m’avaient ainsi baptisée les partisans dans la montagne.

Elle m’invita alors à Paris, chez elle, m’a donné son numéro de téléphone personnel, et m’a dit « moi aussi j’ai des choses de ma vie  à te raconter». Je ne pouvais imaginer alors la violence avec laquelle elle avait vécu son enfance.

Quelques temps plus tard, je me suis rendue à Paris, elle m’avait invitée à dîner et avait tenu à ce que je passe d’abord à son appartement. C’était un bel après-midi parisien de printemps. Son domicile, situé Boulevard Montparnasse, était plein de livres du sol au plafond. Et c’est là qu’elle me raconta sa vie.

Son père, Allemand, ne les a pas aidées, sa mère et elle à survivre à la monstruosité des nazis. J’étais choquée en écoutant toute l’histoire de sa vie commencée, à six mois,  dans le camp de concentration de Gurs, dans le sud de la France, un lieu où furent enfermés presque exclusivement des juifs étrangers et qui servait pour beaucoup de déportés de lieu de passage vers Drancy, en transit, vers les camps d’extermination nazis, et celle de son adolescence d’enfant sans parents, après qu’elle fut sortie de Gurs, à un an, grâce à une septicémie à l’aide d’organisations chrétiennes et de résistants. Mais pourquoi les Français ont-ils fait de tels camps ? Pourquoi ont-ils accepté d’envoyer tant de personnes à Auschwitz ?

Comment grandit un enfant seul dans de telles conditions ? Soudain, je me mis à pleurer. C’était tellement horrifiant tout ce qu’elle me racontait. Elle me serra la main me disant « tout cela est passé maintenant ». J’ai pensé que ma propre vie avait été moins difficile. J’ai vécu entourée de parents et de beaucoup d’amour. Elle, elle était seule, orpheline parmi des étrangers. Elle me dit par contre que depuis qu’elle avait rencontré Henri Atlan sa vie avait changé. Le soir, nous avons diné tous les trois dans un beau restaurant de Paris où tout le monde la connaissait.

Nous sommes devenues des tendres amies et elle est revenue avec Henri Atlan de nombreuses fois en Grèce parce que j’ai traduit d’autres livres de lui. Et chaque fois, elle m’apportait des cadeaux utiles pour la maison. J’avais toujours l’impression que nous appartenions à une même grande famille, et je les attendais toujours avec une grande joie.

Sa mort soudaine m’a bouleversée. Cette personne remarquable est partie sans avoir consigné tout ce qu’elle a vécu. Voulait-elle oublier ? Lorsque je lui avais posé la question sur son père, si elle avait retrouvé ses traces, elle m’avait répondu qu’elle n’avait jamais souhaité le voir. Qui écrira son histoire si extraordinaire ?

J’ai l’impression qu’elle n’est pas partie, et qu’elle va venir en Grèce, avec un cadeau dans les mains.

Adieu ma belle Béla.

Tu demeures toujours présente dans mon souvenir avec ton tendre sourire.

Athènes